Fermeture des hôpitaux publics de proximité – déclaration des élus communistes et républicains d’Orsay – Conseil Municipal du 13 février 2018

Pierre Bertiaux et Gabriel Laumosne

A la veille d ‘échéances déterminantes concernant l’avenir des hôpitaux d’Orsay, Juvisy et Longjumeau, le groupe des élus communistes et républicains tient à faire part de ses doutes et inquiétudes quant au maintien de l’offre de soins pour les villes d’Orsay, Longjumeau et Juvisy ainsi que pour l’ensemble du département.

Pour ce qui concerne l’offre de soins en tout premier lieu :

La fusion des trois hôpitaux nous est présentée comme un gage de modernisation et de performance de l’offre de soins. La mutualisation, désormais mère de toutes les vertus, serait l’outil d’une efficacité au service de la qualité. Et pourtant…Pourtant un rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) semble porter une appréciation beaucoup plus nuancée :

Dans un rapport de 2012 dressant le bilan des fusions hospitalières, l’IGAS conteste le lien entre certains seuils d’activité et la qualité des soins Big ne serait pas toujours beautiful !

Dans ce même rapport, l’IGAS prévient contre la chirurgie ambulatoire comme une solution à banaliser. Elle est pourtant la justification de la diminution du nombre de lits. Le GHTNE (Groupe Hospitalier Territorial Nord Essonne) aujourd’hui couvre 765 159 habitants avec 1050 lits soit 13 lits/10.000 habitants; le GHT Saclay couvrirait 806 730 habitants avec 373 lits soit 4,5 lits/10.000 habitants sur 4 zones de Montigny le Bretonneux à Savigny sur Orge. Pourtant la chirurgie ambulatoire ne peut être une solution pour la patientèle la plus défavorisée pas toujours à même de gérer son retour à domicile dans de bonnes conditions. Il faut en effet dans la plupart des cas disposer d’un logement proche et bien équipé. La chirurgie ambulatoire ne saurait être la solution universelle quand on souhaite préserver l’égalité d’accès aux soins

Enfin il est clairement précisé que la médecine est l’oubliée des restructurations de court séjour alors qu’elle occupe une place majoritaire à l’hôpital public. La part de la médecine dans l’ensemble des séjours publics hospitaliers représente 66% des séjours en hôpital public et a plutôt tendance à augmenter. Il nous faut donc bien admettre que la suppression prévue de 500 lits et de 800 emplois ne saurait nous rassurer à cette heure ou chacun d’entre nous doit pouvoir accéder égalitairement aux soins les plus sophistiqués. Oui la médecine coûte de plus en plus cher mais en la matière il nous faut préserver cette utopie révolutionnaire fondement de la sécurité sociale : passer d’ « à chacun selon ses moyens » à « à chacun selon ses besoins ».

Nous veillerons donc à ce que soit conservée l’offre de soins dans sa diversité et sa qualité qui suppose un personnel en nombre suffisant et un nombre de lits répondant aux besoins de la zone de couverture. Ce travail de définition devra être menée en concertation avec l’ensemble des personnels des trois hôpitaux concernés, des représentants des usagers, des élus du territoire et bien sur des représentants syndicaux…

Pour ce qui concerne la proximité dans un second lieu :

L’hôpital joue un rôle social de proximité absolument primordial. A l’heure où se raréfie l’offre de médecine de ville et ou la pratique du dépassement d’honoraires devient la règle, l’hôpital demeure le premier recours d’un accès aux soins non discriminatoire. Son accessibilité est donc indispensable! En 2016, les urgences des hôpitaux de Juvisy, Longjumeau et Orsay ont ainsi connu une fréquentation record avec prés de 139 500 accueils dont 54 500 urgences pédiatriques. L’Hôpital prévu sur le plateau de Saclay ne peut s’imaginer sans une desserte performante en transport en commun. L’Hôpital d’Orsay bénéficie à ce titre d’une situation exceptionnelle en proximité immédiate de deux gares RER (Le Guichet et Orsay centre). Il faudra donc maintenir cette qualité d’accès par une liaison rapide entre vallée et plateau, une liaison qui maintienne notre hôpital en proximité du coeur de ville…et en liaison avec son secteur géographique de couverture.

Mais il faudra au delà de cette exigence maintenir sur place tant à Orsay qu’à Juvisy ou Longjumeau une structure publique adossée à l’hôpital , à même de proposer à la population des villes les plus proches une offre de soins diversifiée et de haut niveau entièrement prise en charge par la sécurité sociale donc de secteur 1. Il s’agit de porter dans le cadre intercommunal de véritables centres municipaux de santé comme il en existe déjà dans de nombreuses communes, a même de répondre aux besoins de la population et de lutter contre la raréfaction de la médecine de ville.

Enfin la véritable justification d’un déménagement de notre hôpital pourrait être de lui permettre de bénéficier des collaborations les plus fructueuses avec les diverses filières de recherche publique implantées sur le campus. Intégrer les technologies les plus récentes en matière de sciences de la vie, d’imagerie médicale, suppose de mettre en place des coopérations audacieuses et pourquoi pas, soyons alors réellement ambitieux, un CHU (Centre Hospitalier Universitaire) adossé à notre prestigieuse université ? Le CEA en tout premier lieu devra donc bien sur accompagner ce nouvel Hôpital !

En attendant nous exigeons que soit maintenue la qualité des soins dans les trois hôpitaux et que toute mesure de suppression de services, de réduction de moyens ou d’effectifs ne soit prise sans consultation préalable des principaux acteurs évoqués plus haut.

Sur le plan de l’urbanisme le projet de réinvestissement foncier des terrains de l’Hôpital ne saurait être élaboré dans l’unique souci de satisfaire à l’équilibre financier de la coûteuse opération de reconstruction. Il va de soit que l’intérêt public, d’un aménagement de cette ampleur dans une zone stratégique du centre ville ne pourra pas être la variable d’ajustement des stratégies immobilières du groupe hospitalier. La disparition de 1200 emplois en cœur de ville ne peut pas ne pas être compensée par une activité économique garantissant le maintien d’un équilibre habitat emploi seul à même de préserver la dynamique économique de notre commune.

Les élus communistes en collaboration avec tous ceux qui souhaiteront s’associer à sa démarche mettra tout en œuvre pour que le projet de restructuration aboutisse à une réelle amélioration au service de notre population dans le cadre du souci permanent de défendre avec obstination l’égalité et la qualité d’accès aux soins par un service public à même de répondre aux défis de justice sociale dans lesquels la santé accessible pour tous représente un enjeu majeur.

mars 1, 2018

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