Hôpital public

Hôpital public
La restructuration du service public de santé dans le nord du département de l’Essonne est « en marche ». Les 3 hôpitaux de Juvisy, Longjumeau et Orsay sont regroupés dans une seule structure dénommée Groupement Hospitalier Nord Essonne (GHNE).
Pour l’avenir, le projet de « modernisation » de ce groupement prévoit la fermeture de ces 3 hôpitaux de proximité, qualifiés de vétustes, inadaptés et déficitaires et leur remplacement par :
– Un hôpital unique à construire sur la bordure Sud du Plateau de Saclay (sur un terrain situé sur la commune d’Orsay), dans une zone peu commode d’accès aussi bien par les transports collectifs que par les véhicules individuels. Ce nouvel hôpital ouvrirait en … 2024.
– Trois petites structures dénommées Centres de Consultation et de Soins d’Urgence (CCSU) au cahier des charges très flou, à Longjumeau, Juvisy et Ste Geneviève des Bois.
Pour l’offre de service public de santé dans ce secteur Nord Essonne (population d’environ 500 000 habitants), ce projet se traduirait par les réductions suivantes :
– Suppression d’environ 1000 emplois médicaux, dont 500 dès 2018 dans les 3 hôpitaux publics actuels, afin de « commencer à converger vers la future offre publique de soins du futur hôpital unique »,
– Diminution d’environ la moitié des lits d’hospitalisation (de 1050 à environ 500), que les promoteurs du projet comptent compenser par un fort développement de l’hospitalisation « ambulatoire » visant à réduire la durée de séjour des patients à l’hôpital,… avec une probable augmentation des risques pour les patients.
Ce projet vise une diminution forte de l’offre publique de santé pour les populations du secteur Nord Essonne. Il constitue un nouveau palier important de la dégradation du service public de santé, mise en œuvre par les gouvernements successifs depuis au moins 30 ans. Des personnels des 3 établissements actuels ont témoigné que cette dégradation a été voulue, sciemment organisée pour discréditer le service public de santé auprès de la population : entretien insuffisant des bâtiments, maintenance déficiente des locaux et des matériels, insuffisance de formation initiale et continue pour les différentes catégories de personnel, etc… Par exemple, le cas du « numérus clausus » limitant le nombre d’étudiants admis à suivre des études de médecine est emblématique : il a conduit à la situation actuelle où environ 25% des médecins exerçant en France sont d’origine étrangère (« importés » parfois de pays où les besoins des populations en matière de soins sont bien moins assurés que dans notre pays). Ainsi, le maire d’Orsay a cité le cas de l’hôpital d’Orsay qui offre 14 postes de médecin à pourvoir et ne trouve que 4 candidats…
Ce projet concernant le secteur Nord Essonne est l’application locale de la politique menée au plan national visant à :
– Réduire le service public de santé, initialement créé après la guerre de 1939-1945, pour répondre aux besoins de la branche Maladie de la Sécurité Sociale, conçue pour être universelle selon le principe de solidarité : « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ».
– Développer les entreprises privées de santé, à but lucratif pour leurs actionnaires, grâce à deux canaux de financement :
o Les conventions passées avec la branche Maladie de la Sécurité Sociale dont le budget est alimenté par les cotisations des salariés,
o Les dépassements des tarifs conventionnés, laissés à la charge des patients, ce qui oblige ces derniers à contracter des assurances Maladie complémentaires soit auprès de mutuelles (non lucratives), soit auprès de compagnies privées d’assurance (lucratives). Compte tenu des options de couverture plus ou moins large de ces contrats d’assurance Maladie complémentaire, une médecine à 2, voire plusieurs, vitesses s’est installée, avec une augmentation des inégalités dans l’accès aux soins en fonction des revenus des patients.
Actuellement, en Essonne, le secteur hospitalier compte :
– 10 établissements publics (environ 3900 lits) + l’hôpital Barthélemy DURAND d’Etampes spécialisé en psychiatrie (700 lits),
– 14 établissements privés (environ 2000 lits).
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Face à ce projet, le Comité de Défense de Hôpitaux du Nord Essonne, créé à l’initiative de membres d’associations d’usagers, de syndicats des personnels de santé et de partis politiques, a lancé une pétition pour la défense des 3 hôpitaux publics de Juvisy, Longjumeau et d’Orsay. Cette pétition a déjà recueilli environ 35 000 signatures. Avec le soutien des syndicats des personnels, il a lancé un appel pour la tenue d’assises locale et départementale de la santé, avec l’objectif d’élaborer un projet de santé bien lié aux besoins réels des populations du territoire, tenant compte de tous les paramètres (y compris, par exemple, la diminution prévue du nombre de médecins généralistes exerçant en Essonne)..
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Comme organisation politique, notre parti doit faire des propositions constructives, argumentées de manière offensive. Par exemple :
– Maintien et rénovation complète des 3 hôpitaux publics de proximité à Juvisy, Longjumeau et Orsay,
– Création d’un 4ème hôpital public sur le plateau de Saclay, justifié par :
o L’accroissement démographique du secteur Nord Essonne découlant de la réalisation du campus universitaire Paris – Saclay,
o Le vieillissement relatif d’une partie de la population induisant une augmentation de la demande de soins,
o L’augmentation nécessaire des capacités de formation initiale et continue des personnels médicaux des différentes qualifications, grâce à un Centre Hospitalier Universitaire (CHU) adossé à ce 4ème hôpital et au campus universitaire Paris – Saclay.
Jean-Michel GAMA 01/03/2018

mars 9, 2018

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